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Publié le par des Electrons Libres








LE PRESIDENT DES ETATS-UNIS A TOUS LES DROITS,



 Y COMPRIS CELUI DE TORTURER ET MUTILER QUI IL VEUT




Par Grégoire Seither - IES News Service - 10/04/2008
Source : Libertés Internets

Au beau milieu de son rapport de 2003, récemment rendu public, analysant les limites légales aux techniques d’interrogation pratiquées par l’armée des Etats-unis, John Yoo, avocat conseil de la Maison Blanche, aborde une question que assez inhabituelle pour un législateur : Est-ce que le président des Etats-unis a le droit, s’il le désire, d’ordonner qu’on crève les yeux à un prisonnier ?

Ou, si vous préférez, est-ce que le président a le droit d’ordonner qu’on verse “de l’eau bouillante, de l’acide chlorhydrique ou toute autre substance caustique” sur un prisonnier ? Et peut-il trancher une oreille, un nez, une lèvre ? Fendre la langue ? Séctionner un doigt, une main, un bras ? A-t’on le droit d’introduire des objets dans l’anus du prisonnier ? Du piment dans les yeux ? Et les morsures ? Qu’en est-il des morsures ?

Toutes ces formes de violence sont mentionnées dans une loi des Etats-unis qui interdit la mutilation des prisonniers. Une loi que l’avocat John Yoo a passé en revue quand il a tenté de clarifier les limites des “techniques d’interrogatoire poussé” pouvant être utilisées pour faire parler une personne suspecte de terrorisme, détenue par les autorités états-uniennes.

Conclusion de John Yoo : ces restrictions ne sont pas à prendre comme une interdiction générale, elles dépendent des circonstances et des “différents membres corporels clairement spécifiés dans les textes”… sous entendu, si la loi m’interdit de te trancher un doigt, elle ne m’interdit pas explicitement de t’arracher les ongles, donc je peux le faire.

De toute façon, explique John Yoo dans sa note, rien de tout cela ne compte en temps de guerre. En effet, les lois fédérales qui interdisent les violences, les mutilations et la torture contre les prisonniers lors des interrogatoires sont automatiquement annulées par “l’autorité finale” du président (the president’s ultimate authority) en tant que commandant en chef.

(NdL&I : chez les Nazis, cette règle s’appelait “Führerworte haben Gesetzeskraft”).

La discussion calme et factuelle des différentes tortures applicables est n’est pas le seul passage hallucinant dans ce rapport de 81 pages, rédigé par John Yoo à la demande du président Bush et déclassifé la semaine dernière. Les recommandations ne semblent pas avoir été appliquées, aucun cas de mutilation n’a pour l’instant été identifié et le Ministère de la Justice a rejeté le document neuf mois après sa rédaction.

Dans une langue policée, pleine de notes de bas de page, de références à la jurisprudence et aux différentes analyses juridiques, le rapport de John Yoo explore un vaste catalogue de sujets peu ragoutants, allant de l’utilisation de drogues modifiant le comportement à la légalité d’obliger les prisonniers à rester accroupis en équilibre sur leurs orteils (NdL&I : la célèbre et très douleureuse toture ‘el sapo’ (la grenouille), utilisée par les franquistes). Le rapport souligne une conclusion déjà présentée par John Yoo dans des notes précédentes : une technique d’interrogatoire ne peut être considérée comme étant de la “torture” si elle n’a pas pour conséquence la “mort, la perte d’un organe ou la privation durable d’une fonction corporelle”. Les effets psychiques de la torture sont ainsi commodément évacués.

Conseiller juridique senior au Ministère de la Défense, détaché auprès de la Maison Blanche, John Yoo enseigne aujourd’hui le droit à la University of California - Berkeley. A plusieurs reprises, dans son rapport, il arrive à une conclusion inquiétante à propos des 4è et 5è amendements de la Constitution américaine, qui protègent les citoyens contre les abus de pouvoir, garantissent le respect de leur vie privée et les prémunissent contre l’arbitraire policier et juridique…

Toutes ces protections constitutionnelles cesssent d’être valides ou sont suspendues en temps de guerre. Il suffirait d’une bombe à Central Station pour que nous basculions, le plus légalement du monde, dans la dictature.



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