Amendement à une proposition de guerre

Publié le par E.L, etc ...

Communiqué par notre exxxxccccelent " LE  TROUBLE " Canadien , voici une réponse trouvée sur le cmaq au texte "proposition de guerre" que le collectif Hors-d'Oeuvres avait diffusé. Bonne lecture.

À tous ceux qui sont restés sur leur faim avec nos hors d'oeuvres, ou qui n'en bouffe pas par crainte d'indigestion, à tous ceux qui ne rentrent pas dans notre chapelle wanna-be prolétarienne dé-ghettoisée et virtuellement organisée, bref vous... salut (faux) camarade ! Qui sommes nous ? Surtout des couples hétéros mariés ou étudiants blancs qui rejettent vos différences.

Après la septième grand-messe de la crowd anarco-nombriliste qui ne nous écoute pas, nous, les anarco-trou-de-culistes, en profitons pour vous sensibiliser davantage au sujet d'une question latente que nous allons résoudre pour vous : comment rompre avec le sempiternel isolement anarchiste afin de retourner à un anarchisme de masse comme dans le temps de l'IWW, Makhno et la CNT ?

On voudrait vous faire croire que le problème a été exposé à maintes reprises au sein de la plupart des collectifs. Le ghetto militant est un boulet que vous traînez sans exception. Nous vous offrons à la place des bourreaux qui détermineront le niveau de responsabilité et le degré d'idéalisme en présence. La conjoncture actuelle - largement défavorable car personne ne veut se payer nos solutions - ne peut se renverser qu'à partir d'un sujet révolutionnaire universel (c'est à dire un travailleur blanc, urbain et purgé de toute trace de contre-culture) qui est inconsciemment élucidé - entre deux bières sur un napperon - aussi pressé que possible, pour rallier le prolétariat à notre cause qui est impérativement la vôtre.

Pour mettre fin aux divergences politiques ou personelles omniprésentes, nous offrons (parmi notre « panoplie de services à prix très compétitifs » payable avec Paypal sur notre site) un procureur à la communauté, car ces différentes tribus sont les principaux ennemis d'un développement durable du mouvement (pardonnez l'expression onusienne). Nous voulons bâtir un mouvement de « tous contre nous et nous contre tous ». Vous devez prendre le risque d'exposer publiquement nos ambitions, certes d'envergure, malgré le fait que nous soyons trop fainéants, et que nos polémiques sont obscurantistes, puériles de facto et illico idiotes. Arrêtez de jaser de ces zones temporairement grises en catimini à l'intérieur de vos groupes d'affinité ivrognes (voyez en noir et rouge sur du speed). La culture du cannabis est une leurre.

L'anarchisme doit délibérément devenir mainstream et le mainstream anarchiste qui existe nul part devra exister partout. L'impérialisme libertaire de nos idées, c'est la liberté de tous d'être en tous points pareil. Au lieu d'être les acteurs de la contestation, soyez comme nous : les bouffons de la contestation. Il y a une mince chance que notre cher papa-l'État se sorte la tête de son derrière et se transforme en anarchiste, punk, végé, italien, ou autonome. Et admettons que la chose soit probable, qui voudrait travailler avec lui ?

Le politique est une farce publique. La langue de bois militante doit présumer que le monde est plus con que nous, et doit se baser sur du concret, tels les lieux de travail. Certaines tendances du mouvement, comme la centralisation et le syndicalisme, doivent prendre toute la place et occulter tout débat sur l'organisation, nécessaire à notre hégémonie sur la société, en commençant par le flicage des projets du milieu militant. Dorénavant, nous devons cautionner activement la perspective d'un fratricide libertaire, et jamais nous ne devons omettre l'expression cochonne et plaisante d'une politique masturbatoire d'un Roi chevaleresque.

La famille anarchiste est dysfonctionnelle : elle manque de papas et de mamans (et de frères). L'hypocrisie la plus crasse règne sans ces figures qui peuvent décider à elles seules quand remplacer la vrai camaraderie par la fausse camaraderie. C'est un phénomène que vous devrez aborder de front.

À quoi bon toujours se réfugier dans les sempiternels débats érronés propres à notre milieu hermétique, quant à l'origine des petits chefs par exemple ? Ça ne nous intéresse pas. Ce sont les meneurs d'une lutte populaire contre le système qui comptent. Nous sommes écoeurés d'être assimilés à des imbéciles sans avenir...

Nous allons faire le grand ménage dans le mouvement anarchiste. Les cheveux longs et les spikes mohawks de la contre-culture doivent être coupés, et même rasés, pour se sortir de la diversité, engrais puant de notre scène hors d'ordre. On est ici pour se faire des ennemis. La révolution sociale ne sera pas faite pour danser, mais pour travailler dans des usines autogérées.

On ne propose rien
-mais vraiment rien.

Fièrement pas imprimé aux presses É.P.

hors_durs@elitemail.org


E.L , etc ... Cool

Publié dans LECTURE YEA ! ! !

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