OMC : Réunion à Genève pour une marche forcée vers un libéralisme planétaire !

Publié le par Nous ...

Il est vrai qu'apres ce " break " de quelques mois  voulu, il nous arrive parfois de retrouver des liens, des infos qui étaient passés " au travers " ...Et pourtant ... L'exemple qui suit en est un ... Mais vaut mieux tard que jamais et c'est toujours tres instructif pour la suite de l'évènement de ce nouveau siecle , à savoir la fin de cette civilisation ... Et nous sommes aux premieres loges ... YEA !!! 

 

Donc :  Source HORS  A.G.C.S

29 juin 2006 , par La rédaction : OMC : Réunion à Genève pour une marche forcée vers un libéralisme planétaire !

Après la réunion de l’OMC tenue à Hong Kong en décembre dernier, les dirigeants de l’organisation ont crié « victoire ! ». Un accord avait été signé qui laissait toutefois en blanc ou entre crochets des aspects majeurs. Ils ont donc alors convenu de multiplier les réunions pour remplir ces « blancs » et aboutir sur un accord en bonne et due forme et terminer ainsi le cycle de Doha - baptisé « cycle du développement » - commencé en 2001 dans la capitale qatarie. Mais voilà que cela coince depuis décembre. Et une réunion de ministres de 60 pays se tient ces jours-ci à Genève pour tenter de débloquer la situation afin la fin du mois de juin.

Il convient tout d’abord de noter un fait majeur : cette réunion de quelques 60 ministres est illégale. L’OMC comprend en effet 149 membres, et c’est par consensus de tous ces pays que les décisions se prennent et doivent se prendre. Ainsi, ne seront présents à Genève ce week-end que les plus puissants ou les plus intéressés pour les sujets sur la table des négociations. Ils entendent ainsi, sous la bénédiction de Pascal Lamy, dicter aux autres pays membres leurs propres choix.

Quand il était Commissaire européen au commerce extérieur, M. Pascal Lamy, devenu Directeur général de l’OMC, n’avait pas de mots assez durs à l’encontre de ces réunions à quelques uns, baptisées « greens rooms », c’est à dire « chambres vertes », ce nom « poétique » provenant de la couleur des papiers peints du lieu où se tenaient initialement ces réunions à quelques uns : le bureau du directeur général de l’OMC de l’époque.

Après l’échec de la réunion de Seattle, et tirant les leçons de celui-ci, Pascal Lamy qualifiait ce système de « féodal ». Puis, après l’échec de Cancun, il dénonçait un « système médiéval ». Maintenant qu’il est Directeur général de l’OMC, et bien que les papiers peints de son bureau ne soient plus verts, il renoue avec ces procédures marquées par l’esprit de domination. Cette réunion laisse scandaleusement et délibérément de côté les pays les plus pauvres, comme d’habitude, qui ont un statut de seconde zone dans cet avion e plus en plus brinquebalent qu’est l’OMC qui ne connaît qu’une la classe, la classe « busines ».

Cette réunion délaissant les plus nombreux qui sont aussi les plus pauvres est d’autant plus critiquable que les sujets sur la table de cette négociation les concernent tout spécialement. Il s’agit en effet de deux sujets : les questions agricoles et l’accès dans les pays du Sud des produits industriels qui sont fabriqués principalement au Nord.

L’objet de la « dispute » sur ces dossiers se résume à trois questions : le niveau de la baisse des subventions à l’agriculture données dans les pays du Nord ainsi que celle des droits de douane sur les produits agricoles importés dans ces mêmes pays du Nord et enfin, à l’inverse, la baisse des droits de douane pratiqués par les pays du Sud à l’égard des produits industriels.

En clair, l’objet de cette réunion est celui-ci : « tu ouvres et tu ne subventionnes plus ton marché agricole, toi au Nord, et j’ouvre, moi au Sud, mon marché à tes produits industriels. Si cela passe, alors on discutera après des services (l’AGCS), comme convenu à Hong Kong ».

Voilà l’enjeu de cette réunion illégale mais symptomatique de ce qu’est l’OMC. Car si un accord était trouvé à Genève, alors « l’imagination » ne manquerait pas - c’est à dire les pressions de toutes sortes - pour que tous les autres pays membres absents aujourd’hui de cette réunion l’acceptent demain. De la loi du plus fort...

Cette réunion ne doit pas aboutir à un accord, c’est le souhait que je formule. Et cela pour une raison claire : les questions agricoles ne doivent pas relever de l’OMC !

L’agriculture n’est pas une marchandise comme les autres. C’est autre chose qu’une marchandise.

Derrière les carottes, le riz, le blé, la viande, le lait, etc., il y a plus que des marchandises. Il y a le fait de savoir si chaque pays doit pouvoir assurer sa propre « souveraineté alimentaire » et ne plus dépendre pour assurer l’alimentation de chaque peuple de fortes exportations agricoles ruineuses pour leurs économies locales. Il y a le fait que les conceptions et normes de productions ne sont pas identiques selon les pays. Que les américains raffolent manger du bœuf aux hormones, c’est leur choix. Ce n’est pas nécessairement le notre, notamment pour des raisons de « précaution ». Il y a enfin tout ce que le monde agricole permet en terme d’aménagement des territoires. C’est pourquoi, d’ailleurs, on parle de la « multifonctionnalité » de l’agriculture.

Cela ne veut pas dire qu’il ne doit pas y avoir d’échanges, bien évidemment. Car « Un oranger sur le sol irlandais on ne le verra jamais » - si j’ose dire pour me faire comprendre. De même que la question de l’aide interne consentie par les pays riches à leur agriculture pose un vrai problème aux pays du Sud dans le cadre d’échanges qui devraient être égaux.

Mais la question de l’agriculture, et ces questions réelles, doivent, pour trouver une solution satisfaisante, être déconnectée de ce lieu qu’est l’OMC où le seul esprit qui règne c’est « tout est ou doit devenir marchandise ». Et de cela nous ne voulons pas ! C’est clair et net.

Je note d’ailleurs qu’un sénateur UMP, Jean Bizet, « spécialiste » en ce domaine, vient de rejoindre en quelque sorte cette position (qu’il couvrait de ses sarcasmes il n’y a pas si longtemps), en déclarant dans le journal Libération du 29 juin que : « il faut peut-être exclure de l’agenda le dossier agricole qui ne représente que 10 % du commerce mondial (même s’il est vrai que les trois quarts des membres de l’OMC en font un point central) ». Précisons au sénateur Jean Bizet que si les ¾ des pays en font un sujet majeur, c’est tout simplement parce que la moitié de la planète est composée d’agriculteurs... Et j’entends bien aussi ce qu’il y a derrière sa déclaration : « mettons de côté ce sujet agricole (qui ne représente que 10%) pour s’occuper du « sérieux », à savoir les services qui eux représentent 70% du PIB européen ». Mais il est plaisant de noter cette prise de position nouvelle...

Quand aux produits industriels, autre sujet sur la table à Genève et élément du « donnant-donnant », la question est celle-ci : la conception à l’œuvre à l’OMC qui fait de la domination, et non de la coopération, le nec plus ultra des relations internationales est à condamner. En effet, laisser entrer librement au Sud les produits industriels qui sont fabriqués principalement par le Nord, c’est exclure définitivement les pays pauvres des moyens de développer une industrie, fût-elle modeste. C’est tirer un trait de plume sur le destin de ces pays et les remiser dans un trou noir de misère. C’est un retour de la colonisation selon d’autres voies. C’est inacceptable.

Monsieur Pascal Lamy ne sera pas, une nouvelle fois, content de ces propos. Outre que cela n’a strictement aucune importance, que Monsieur le Directeur général de l’OMC réponde, chiffres en mains, à cette question essentielle : le processus de mondialisation libérale actuellement décidé et organisé est-il, oui ou non, un facteur de développement humain universel ? La réponse à cette question est implacable : c’est franchement, et douloureusement, non !

Qu’un homme comme Bill Gates, par exemple, en tire un grand profit, c’est certain. Son patrimoine est de 50 milliards de dollars. N’a-t-il pas crée une Fondation (car le brave homme ne manque pas d’être charitables et de faire ses bonnes oeuvres, n’est-ce pas) qui dispose désormais d’un budget égal à trente fois le budget annuel de l’OMS (l’Organisation mondiale de la santé) et supérieur au FMI (le Fonds monétaire international). Mais que 3 milliards d’enfants, de femmes et d’hommes dans le monde (la moitié de la population) n’aient que 2 dollars par jour pour vivre, c’est aussi la réalité. Et cette réalité-là est infiniment plus importante, triste et sérieuse que toute autre. Certes, il faut pour cela avoir l’humain au cœur...

La réunion OMC de Genève, dite « de la dernière chance », peut et doit échouer. C’est possible car les intérêts en présence sont très divergents. Et c’est nécessaire pour que la mondialisation suive un autre cours que celui, catastrophique, qu’on lui connaît aujourd’hui. Il vaut mieux pas d’accord qu’un mauvais accord. C’est une règle constante en politique. C’est plus vrai que jamais...

Jean-Claude Lefort Député du Val-de-marne Ivry, le 29 juin 2006

Nous adorons cette petite phrase dans une lettre ouverte adressée à notre cher ( tres chere ausi celui là ) ministre du commerce exterieur de ce pays qu'est la France , à propos des négociations au sein de l' O.M.C  ...

 

' ... Ces faits sont assez graves pour qu’on en finisse avec le secret des discussions et les réunions informelles où l’on décide formellement. ... "

 

Une autre à propos de la réaction de l'O.N.U par rapport à cette pseudo guerre du Liban :

 

" ... On entend dire qu’on n’y peut rien car les USA peuvent opposer leur veto à toute solution qui n’entrerait pas dans leurs vues. C’est faux ! Il est une jurisprudence constante à l’ONU depuis 1950 qui a d’ailleurs été utilisée 10 fois depuis, qui indique que, en cas de blocage constaté du Conseil de sécurité, il revient à l’Assemblée générale de se substituer au Conseil défaillant. Vous avez vu quelqu’un avoir le courage de le faire ? Personne ! C’est pourtant une voie possible et qui redonnerait du crédit à l’ONU qui en manque de plus en plus... "

Cool 

 

 

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