Le trac de la rentrée !

Publié le par E.L, etc ...

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La lettre matinale par Guy Carlier ( Source france Inter )

Le trac de la rentrée

" Bien sûr que j'ai le trac. D'ailleurs aujourd'hui, jour de rentrée, tout le monde a le trac. Vous aussi vous avez le trac, Nicolas et c'est normal, même les plus blasés, même les vieux chevaux de retour comme Jean Marc Sylvestre ont le trac. Jean Marc Sylvestre qui a terminé ses vacances par un peu de tourisme sexuel en se rendant la semaine dernière à l'université d'été du Médef. Oui, je dis tourisme sexuel, parce que l'université d'été du medef est un endroit où une minorité montrée du doigt se retrouve pour se donner du plaisir, et ça, ça porte un nom, ça s'appelle une backroom. D'ailleurs, il paraît que l'université d'été du Medef, c'est aussi chaud que les hots d'or. Vous ne pouvez pas y faire un pas sans y être accosté par un patron qui vous demande : "tu veux voir mon cash flow" où bien "tu veux de la marge nette ? J'en ai d'la bonne", autant vous dire notre ami Sylvestre est revenu en pleine forme pour chaque matin, à ce micro, tresser des louanges aux patrons qui se feront virer pour incompétence tout en percevant des indemnités de licenciement d'un montant égal au Produit Intérieur Brut de la Pologne.

Ce matin tout le monde a le trac. Même notre président Cluzel a le trac. Je l'ai vu la semaine dernière, dans un état pitoyable, hagard, pas rasé, bon vous me direz pas rasé, ça c'est pas le trac, c'est son look habituel à notre président, voilà un homme qui porte en permanence une barbe de 2 jours, la première fois où je l'ai vu, j'ai cru qu'il sortait d'une garde à vue… ou alors d'une université d'été du medef. En ce moment-même, il est dans son bureau, il m'écoute en récitant des je vous salue Marie pour que je ne sorte pas de conneries sur Sarkosy, oui, parce que le président est un ami de Nicolas Sarkosy, mais non président, rassurez-vous, pas pour la première chronique...

Quoi que… si j'avais mauvais esprit, je ricanerais sur la présence de Johnny et de Doc Gynéco hier, au congrès de l'UMP. Sarkosy les a fait venir car il croit que ces deux-là sont des icones de la jeunesse. On voit bien qu'il n'a plus parlé à un jeune depuis longtemps, où alors il a parlé à des jeunes de l'UMP qui, comme disait Brel ont bien du talent pour être vieux sans être adultes. Non, il faudrait que quelqu'un dise à Nicolas Sarkosy que le public de Johnny ne danse plus le twist depuis 1962 en raison d'une arthose au genou, quand à Doc Gynéco, il est devenu une sorte de Balladur du rap, d'ailleurs, il paraît que depuis qu'il a adhéré à l'UMP, il veut changer de nom, dorénavant, il s'appellera Doc Gériatro. En plus, je ne sais pas si vous avez entendu, le doc appelle Sarkosy, mon petit maitre à penser, franchement je trouve ça pas très élégant, il pourrait au moins dire mon petit mètre 42 à penser. Pendant qu'on y est un autre qui fût très drôle hier dans le registre du jeunisme, c'est Jean Marie Le Pen qui a fait son discours coiffé d'une casquette de rappeur mais qui ressemblait plus à un éleveur de porc qu'à un basketteur de la NBA.

Tout le monde a le trac ce matin. Et Jospin, vous croyez qu'il n'a pas le trac en ce moment, dans sa voiture, en route pour la maison de la radio, où il vient nous annoncer sa candidature à la candidature. Oui parce qu'on le voit venir l'austère. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens qu'au PS, comme dirait Audiard, ils se préparent des nervous breakdown. Et ce matin, j'imagine tous les prétendants qui attendent Jospin, suspendus à leurs transistors. Chez les Hollande, tandis que François vide la corbeille de viennoiseries, Ségolène boit son Nesquik. Elle est déjà en plein travail, d'ailleurs son bol de chocolat dessine une trace brunatre sur une feuille de papier totalement vierge à l'exception de la mention ; mon programme. Jack Lang, lui aussi est en plein travail. Comme toujours, il travaille le fond des dossiers et dans la salle de bain il passe soigneusement, à l'aide d'un pinceau, un réjé color aile de corbeau sur ses tempes, et puis vous avez les laborieux, Dominique Strauss Kahn et Anne Sinclair qui apprennent avec difficulté un texte sur le couple et Fabius qui lui, apprend le langage de la classe ouvrière. C'est pas évident à son âge, vous savez ce que c'est les langues étrangères il faut commencer jeune, Fabius en première langue, il a fait grande bourgeoisie, c'est vous dire s'il a du mérite à se mettre aujourd'hui à la classe ouvrière…là, il a déjà appris le mot Smic, bon au début il a eu du mal, il croyait qu'un smic c'était une sorte de bisou, ensuite pour lui apprendre le mot ouvrier, on l'a emmené dans une usine, il a demandé si un ouvrier c'était cette chose pleine de cambouis, on lui a dit "oui, allez lui serrer la main", après on a été obligé de lui lire les cotations de wall street pour le ranimer…

En ce jour de rentrée, tout le monde a le trac. Toi qui m'écoutes, qui entre au collège et qui te demande qui tu vas avoir une interro dès le premier jour, vous qui allez retrouver votre entreprise, avec cette angoisse qui vous prend au ventre dès que vous franchissez la porte de verre du hall d'entrée, mais surtout, ne vous inquiétez pas, ça ne va pas durer, vous allez voir à midi, déjà, à la cantine où au resto d'entreprise, c'est comme si les vacances n'auront jamais existé.

Pour vous monsieur Jospin, c'est la même chose, je vous préviens, ce matin, vous allez avoir droit d'entrée à une interro, bon je suis sympa, je vous donne le sujet c'est "allez vous nous dire oui ou merde si vous comptez vous présenter à la candidature"… Et si vous répondez oui, franchement, on pourra dire qu'au moins, vous, franchement, vous n'avez pas le trac…. "

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