LIBERTAIRE ? ... OUI !!!

Publié le par E.L, etc ...

Dans la lecture de notre revue de presse pas forcement quotidienne ( Mais cela, vous le savez ...), nous sommes tombés ( il n'y a pas de mal, rassurez vous, au contraire ) sur un commentaire d'un internaute qui resume parfaitement ce que nous pensons et ce que nous sommes

Ce commentaire est une réponse à  M. le representant J.L Mélanchon sur l'article " Fin de partie "

 

( Le blog de l'auteur et son Wikisocrate )

 

Bonjour M. le Représentant,

J'ai voté en 2002 au 2° tour pour M. Jacques Chirac pour contrer l'avènement du totalitarisme et je constate que mon vote y a contribué. J'irai même plus loin depuis que je suis né j'ai contribué à mon anéantissement en votant. En effet, l'acte de voter provoque la légitimation du représentant opposable à la légitimité du peuple. M. Jean Pierre Raffarin résume ce paradoxe par "la rue ne gouverne pas".

Des lois liberticides ont été votées. La loi DADVSI assoit la domination financière sur la création. La loi Perben II donne à l'Etat des outils de répression mais protège la criminalité financière.

Une remarquable politique de régression sociale a été menée par l'UMP, le PS, le PC, l'UDF, les Verts. Cette nomenklatura a précarisé nos vies avec des sigles exotiques TUC, Emploi Jeune, CES, Contrat d'Avenir, CNE... et j'en oublie! Les cadres politiques, économiques et médiatiques construisent un monde dans lequel nous trimerons jusqu'à notre mort. Ils augmentent l'âge de la retraite, baissent les montants des cotisations.

La nomenklatura organise le vol. C'est le règne des kleptocrates, comme cela toujours été. Le droit du rentier est renforcé pour permettre la spoliation du créateur de richesse. Même le mot créateur de richesse a été volé. Les cadres politiques, économiques et médiatiques associent le mot créateur au fainéant rentier réduisant le véritable créateur à néant. J'appelle le créateur celui par ses mains ou son intellect crée des formes ou des idées.

J'ai observé l'espoir des collectifs unitaires anti-libéraux. Mais cet espoir ne peut émerger pour deux raisons. La première, les collectifs se positionnent anti sans jamais définir libéral. Comme un homme libéral est un homme favorable aux libertés individuelles, je suis un libéral. La novlangue de la nomenklatura a perverti le mot. Actuellement, être libéral c'est être favorable aux libertés de l'entreprise ou de l'institution, libertés opposables aux êtres humains. Ainsi, la nomenklatura utilise le concept dogmatique de personne morale accordé à l'entreprise pour annihiler toute liberté de l'être humain physique. Je me définis comme un libertaire, c'est à dire je suis pour la liberté du citoyen. La deuxième raison, les collectifs ont relégué la constitution d'une démocratie directe alors qu'elle devrait être le point fort. Nous avons les moyens techniques et les richesses nécessaires pour permettre à tout citoyen de constituer et de voter les lois. Au lieu de se diriger vers la démocratie directe, nous avons des prétendants à la représentation qui se chamaillent.

Je ne veux ni Dieu, ni Maître. J'ai fait le deuil de la démocratie représentative. Je voterai blanc ou je m'abstiendrai si je constate qu'aucun futur représentant ne souhaite préparer la démocratie directe. Les citoyens élus devront:
- préparer une assemblée constituante;
- mettre en place une constitution où le citoyen est placé au coeur;
- se démettre de leur fonction pour éviter tout conflit d'intérêt.

Le courage politique est le courage de se sacrifier pour la communauté. Hélas, tous les candidats, surtout les candidats médiatiques, ont le pseudo courage de sacrifier nos vies. Même M. jean-Luc Mélenchon, que je respecte pour le combat contre le TCE (traité constitutionnel européen), fait parti de cette clique de politiciens médiatiques.

La fin de partie est la fin du parti. Comme Clov qui quitte Hamm dans la pièce de théâtre de Samuel Beckett, je quitte cette démocratie représentative qui n'est démocratique que de nom.

Cordialement,

Hervé Darce

( Le blog de l'auteur et son Wikisocrate )

Nos commentaires :

En 2oo2, nous avions voté Buletin Blanc avec une pince à linge en guise de badge et il est vrai que déja à cette époque nous pensions que voter pour cette merde de Le Pen serait peut etre un moyen de foutre la révolution le lendemain de son éléction ... ;) ... Mais vraiment ... Pfff ...

 

Et puis en cadeau ( Merci à L' En Dehors ) ... Histoire de ...

LES SEPT PRINCIPES DE LA DESOBEISSANCE CIVILE

De Howard Zinn (Disobedience and democracy: nine fallacies on law and order- New York : Random House / Vintage, 1968), 119-122

I ) La désobéissance civile est la violation délibérée, spécifique, de la loi, au nom d'un principe social essentiel. Elle devient non seulement justifiable mais nécessaire quand un droit humain fondamental est menacé et quand les moyens légaux pour faire respecter ce droit sont inadaptés. Il peut prendre la forme de violation d'une loi injuste, de protestation contre une situation injuste ou d'application symbolique d'une loi ou d'une situation souhaitable. Qu'elle soit reconnue comme légale, au nom d'un droit constitutionnel ou international, ou non, son but est toujours de combler la brèche qui sépare la loi de la justice, dans un processus infini de développement de la démocratie.

II ) Il ne faut reconnaître aucune valeur sociale à l'obéissance absolue comme à la désobéissance absolue à la loi. Prôner l'obéissance à des mauvaises lois, comme façon d'inculquer une certaine servilité abstrait à « l'ordre légal » ne peut qu'encourager les tendances déjà très répandues des citoyens de se courber devant le pouvoir de l'autorité, de refuser tout affrontement avec l'ordre établi. Exalter l'ordre légal comme quelque chose d'absolu est la marque du totalitarisme, et il est possible de créer une atmosphère totalitaire dans une société qui possède nombre des attributs de la démocratie. Revendiquer le droit des citoyens à désobéir à des lois injustes et le devoir de désobéir à des lois dangereuses, c'est la véritable essence de la démocratie, qui accepte que le gouvernement et ses lois ne sont pas sacrés mais qu'ils ne sont que des instruments, au service de certaines fins : la vie, la liberté, le bonheur. Les instruments sont accessoires ; pas les fins.

III ) La désobéissance civile peut demander la violation de lois qui ne sont pas injustes par elles-mêmes, pour protester à propos d'une question que l'on estime très importante. Dans tous les cas, l'importance de la loi transgressée doit être mesurée en relation à l'importance de la question. Une règle du code de la route, transgressée temporairement, n'est pas aussi importante que la vie d'un enfant renversé par une auto ; l'occupation de bureaux publics l'est moins que l'homicide de civils au cours d'une guerre ; l'occupation illégale d'un bâtiment est moins injuste que le racisme à l'école. Non seulement des lois déterminées, mais aussi des situations personnelles peuvent être insupportables et la transgression de lois normalement acceptables peut agir comme mode de revendication.

IV ) Si un acte déterminé de désobéissance civile est un acte de revendication moralement justifiable, il s'ensuit que l'emprisonnement de ceux qui l'ont commis est injuste et devrait être opposé et contesté jusqu'au bout. Celui qui revendique doit refuser la condamnation autant qu'il refusait de respecter la règle transgressée. Il peut exister des cas où les personnes impliquées dans une revendication peuvent décider d'aller en prison comme moyen de continuer leur acte de protestation, pour rappeler à leurs concitoyens l'injustice qu'elles subissent, ce qui ne veut pas dire que l'emprisonnement fait nécessairement partie d'une règle gouvernant la désobéissance civile. L'important est que l'esprit de la revendication soit conservé dans tous les cas, que l'on aille en prison ou non. Accepter la prison comme acte de pénitence en accédant aux « règles » signifie retomber abruptement dans le même esprit de servilité, et minimiser la gravité de la revendication.

V ) Ceux qui s'engagent dans la voie de la désobéissance civile devraient choisir des tactiques aussi peu violentes que possible, en accord avec l'efficacité de la revendication et l'importance du sujet. Le degré de désordre provoqué doit être raisonnablement en rapport avec l'importance de la question traitée. La distinction entre tort infligé aux personnes et tort infligé aux biens doit être primordiale. Les tactiques appliquées aux biens peuvent comprendre (toujours : en considérant l'efficacité et l'importance de la question) : la dévalorisation (comme dans le cas des boycotts), la dégradation, l'occupation temporaire et l'appropriation permanente. Dans tous les cas, la force impliquée dans tout acte de désobéissance civile devrait agir clairement et spécifiquement sur l'objet de la revendication.

VI ) Le degré de désordre dans la désobéissance civile ne devrait pas être mesuré en rapport à une fausse « paix » supposée exister dans l'ordre établi, mais face au vrai désordre et à la violence qui font parties de la vie courante, qui se manifestent ouvertement au plan international dans des guerres, mais qui se cachent aussi localement derrière le masque de « l'ordre » occultant l'injustice de la société actuelle.

VII ) Lorsque nous réfléchissons sur la désobéissance civile, nous ne devons jamais oublier que nos intérêts sont différents de ceux de l'état et que nous ne devons jamais laisser les agents de l'état nous persuader du contraire. L'état veut le pouvoir, l'influence, la richesse, comme des fins en elles-mêmes. Les individus recherche la santé, la paix, l'activité créatrice, l'amour. L'état, grâce au pouvoir et aux richesses qu'il détient, ne manque pas de porte-paroles pour défendre ses intérêts. Cela signifie que les citoyens doivent comprendre la nécessité de penser et d'agir par eux-mêmes ou en accord avec d'autres membres de la collectivité.

Howard Zin

Pour la consultation totale de ce document : http://endehors.org/news/12251.shtml

 

 

Publié dans Elections Françaises

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