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Publié le par Des Electrons Libres

APPEL AU PEUPLE FRANCAIS. Fêtes de la Résistance !

 

Lundi 12 Mars , par Gwen

En guise de préambule, ce texte a valeur de Manifeste pour une Fête de la France que nous voulons. Il doit être lu, reproduit, résumé, passé « de mano a mano », communiqué par le bouche-à-oreille, interrogé, médiatisé. Il doit être porté par tous les individus dans leur quotidien, par les groupes qui sont en résistance contre un ordre aliénant, il doit être illustré par nos expériences communes et personnelles, nos lectures, nos confrontations, nos vies. Il doit voyager de Brest à Strasbourg, de Lille à Marseille, de Saint-Denis à Neuilly. Il doit porter en France et ailleurs. Il doit être traduit dans les langues, les consciences, les corps. Il doit circuler dans les poches de chacun, dans les bars, dans la blogosphère, dans la presse encore indépendante, dans les bureaux, dans les usines, dans les classes, dans la rue, au lever, au coucher du soleil et plus si affinités… Parce qu’il est de la responsabilité de tout le Peuple français de se réveiller !

Le 5 mai prochain, selon le calendrier électoral de la Vème République qui nous dicte le temps politique, nous devrions subir un nouvel avatar de notre Triste France.

Nous sommes des millions dans l’expectative. Certains voudraient choisir la résignation solitaire du vote blanc ; beaucoup gambergent entre le vote « dit » de Raison et le vote du « Cœur à gauche » ; des rassemblements unitaires poussent pour une Insurrection électorale et affirment « qu’un Autre monde est en marche » mais les partis démophobes rechignent ; la bourgeoisie calculatrice cherche encore son berger et la jeunesse éclairée cherche l’exil.

Selon les estimations des faiseurs d’opinion, nous devrions comprendre que la droite représente aujourd’hui 65 pour cent de la population française. Notre Hexagone, un pays de flics et 40 millions de cons ?

Les sondages nous apprennent que les banlieues choisiraient celui qui rêve de les raser, les études sociologiques expliquent que la jeunesse non-diplômée vote contre une autre jeunesse, celle que l’El Dorado européen rejette à la mer, Le Monde nous enseigne que les profs préfèrent la non-pensée du « ni gauche, ni droite ».

Qu’est-ce qui se passe en France ?

« Qu’est-ce qui se passe ! » répétaient comme un leitmotiv quelques voix anonymes, Place de la République à Paris, l’année dernière, pour clôturer le syndrome CPE. Quand le gouvernement imposait la loi dictatoriale du 49.3 contre la jeunesse française pour que les patrons soient plus libres que ne l’aurait imaginé Marx dans ses pires cauchemars. Alors que l’armée occupait l’orgueilleuse Sorbonne pour interdire la parole libérée.

Qu’est-ce qui se passe quand le gouvernement décrète une loi qui servait à mater les fellaghas dans la Casbah algéroise. Le couvre-feu dans nos banlieues, contre des mômes qui ont perdu deux d’entre eux et qu’on rêvait de passer au kärcher pour étouffer l’incendie. Quand les ghettos sociaux n’ont plus que le feu comme outil de visibilité politique.

Qu’est-ce qui se passe quand les pouvoirs parlent d’un langage savant pour expliquer les obligations de la mondialisation alors que les résultats chiffrés, physiques, ne sont rien d’autre que plus de budget pour la répression collective et moins pour l’éducation, la culture, la santé, l’emploi ; ce qui fait que nous vivons ensemble.

Qu’est-ce qui se passe quand le Socialisme « royaliste » copule avec le Communisme « marchandisé » depuis les Murailles de la Chine impériale ? Les heureux gagnants de la loterie idéologique sont les « capitalistes de tous les pays » enfin réunis dans leurs paradis fiscaux. Les perdants de ces paradis artificiels de l’économie globalisée restent les peuples français, chinois et d’ailleurs. Nous avons construit le Néo-libéralisme qui nous revient comme un boomerang. Sommes-nous suicidaires ?

Qu’est-ce qui se passe en France ?

Peuple de France, nous devons nous réveiller.

Le 69.3, Journal-Mouvement qui est sorti des Universités rennaises durant le Printemps de la jeunesse de 2006 lancera l’offensive le 22 mars en appelant à une Fête de la Résistance. Mais ce doit être un mois de fronde festive dans toute la France, jusqu’au 22 avril, au moins.

Ce doit être le Peuple de France qui doit se rassembler et réapprendre le « Résister, c’est créer » des résistants de 44. Ceux qui nous donnèrent la sécurité sociale, qui nous enseignèrent que l’économie doit être au service de tous, que la presse doit être indépendante des autres pouvoirs, que la féminité a droit de citoyenneté. Eux ont condamné la domination de quelques-uns et la collaboration de la majorité.

Malheureusement, on a oublié cette conscience de résistance collective et de construction démocratique. Et l’Histoire a tôt fait d’effacer l’idée de révolte productive, souterraine, spontanée.

Le 8 mai 45, les jeunes filles de Paris sautaient naïvement dans les bras des Américains et, même jour, même heure, 45000 Algériens se faisaient tuer dans les Aurès sous des balles « République française ». Ainsi continuait la schizophrénie aveugle et reprenait la collaboration servile.

Pétain est mort dans le silence de ses crimes parce que ces crimes étaient partagés par des millions de lettres de délation. On imagina par honte de nous-mêmes une Europe sans peuples, sans histoire, sans conflits et De Gaulle de bâtir une Monarchie sous le sceau de République. Les étudiants de 68 pouvaient gueuler « qu’il est interdit d’interdire », tout leur était permis. La démocratie était déjà cet espace hors du temps où le « libres et égaux en droit et en dignité » veut dire « cause toujours ». Il aura suffi des indépendances pour oublier la Colonisation, de Mitterrand, transfuge des ligues fascistes des années 30, pour noyer le socialisme et de Chirac pour oublier la différence entre droite et gauche. Tous Républicains ?

Sauf que le naturel revient vite au galop quand on ne s’en soucie plus. Et ce qui ne passe pas par la fenêtre passe bientôt par la porte grande ouverte. L’ironie veut que ce soit un immigré hongrois qui ressuscite nos vieux démons français :

Travail – Famille - Patrie. Seuls les incultes ou les faux innocents ne voient pas dans l’air du temps un bon goût de Vichysme !

Nous devons faire revivre la Résistance depuis tous les coins de France, depuis nos maquis intimes, contre le Néo-Vichysme, refuser la guerre du « Tous contre tous » au service de la liberté de quelques-uns et à la condition de la précarité du plus grand nombre.

Nous devons nous réapproprier, Peuple de France, cette élection présidentielle qui utilise notre liberté de décision pour mieux l’ignorer, légitimement. Cette élection monarchiste est le cœur de notre République sans Peuple. Mais la liberté ne se donne pas, elle se prend, elle s’affirme, elle se vit.

Nous devons nous revivre comme Peuple, dans sa diversité, son indétermination, dans son héritage pluriel et contradictoire ; mais toujours, dans sa souveraineté. Ce Peuple de France, c’est celui de la Rue, de la Campagne, de l’Ailleurs, de la longue Histoire, cette France contre elle-même, la France des hommes et des idées contre les armes et les dogmes.

Nous devons savoir la responsabilité de la France dans le monde et être encore une fois cette terre politique par excellence, celle des révolutions humanistes, celle de l’insoumission à la domination des mots et des choses, celle des Lumières contre les idéologies totalitaires. Cette France qui dira toujours que le monde est politique en tant qu’on peut le changer.

Nous devons être ce Peuple de la nouvelle gauche. Nous devons libérer la France de ce qu’elle n’a pas encore tué : Vichy. Dans la rue dès le 22 mars.

Organisons-nous dans nos cercles d’influence, nos quartiers, nos boulots, nos réseaux d’affinité. Organisons des collectifs festifs, localement et globalement, pour connaître dans la fête cette chose qui paraît encore une utopie : la vie de la cité par tous et pour tous. Çà s’appelle la DEMOCRATIE.

Parce que la fête unit ce que le Néo-Vichysme n’a pas encore vendu avec la peau de l’ours : l’Amitié, la Communication, la Joie gratuite, la Conscience du nombre, l’Inespéré, l’Inimaginé, l’encore Non-dit. L’Histoire et la Révolte. Nos Sourires et Nos Larmes. Doivent s’entendre toutes les sonorités de nous-mêmes, de Piaf à NTM, de Noir Désir à Brel. Ramener Manu Chao et faire revivre Renaud. Enfin, Jhonny au pied de l’arbre avec ses compères Doc Gynéco et autres calembours.

Libérons la Rue, notre "Chose publique", la République. Libérons la France. Un grand saut pour Nous, un autre petit pas dans le Monde.

Pour prouver que le Peuple français existe encore et toujours. Pour rappeler que les Bastilles se mettent à bas et que les Sorbonnes s’habitent. Là, nous saurons qui nous sommes, ce que nous voulons devenir et ce que nous devons construire comme alternative politique, démocratique, progressiste.

Fêtes de la résistance !

Créer, c’est résister ! Résister, c’est créer !

 

 

Publié dans Elections Françaises

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