Polémique à Montpellier autour de déclarations de Georges Frêche
MONTPELLIER, 1 déc 2005 (AFP) -
- Des déclarations du Président (PS) du conseil régional
Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, qualifiant mercredi de
"gugusses" les parlementaires socialistes ayant proposé
l'abrogation de l'article de loi sur les rapatriés et les
harkis, ont suscité quelques remous à Montpellier.
L'article 4 de la loi du 23 février 2005 impose aux programmes
scolaires de reconnaître "le rôle positif de la présence
française outre-mer et notamment en Afrique du Nord": la
proposition de son abrogation par les socialistes, soutenus
par les communistes, a été repoussée mardi par la majorité UMP
à l'Assemblée nationale, après un débat houleux.
Lors d'une séance consacrée au débat d'orientation budgétaire
au Conseil régional, M. Frêche, revenant sur ce débat, a
qualifié les parlementaires de son parti de "gugusses du PS
qui font une opération politicienne", avant de souligner "le
rôle positif" de la France dans ses colonies.
Les Verts et les communistes ont alors demandé une suspension
de séance, qu'ils ont obtenue, ainsi que le respect de l'ordre
du jour.
Pendant l'interruption de séance, puis après la reprise des
débats, M. Frêche a entonné le chant colonial "C'est nous les
Africains qui revenons de loin". Le leader du Front national,
Jean-Claude Martinez, lui a alors proposé une déclaration
commune sur la vision de la présence française en Algérie.
"Prétendre que le colonialisme et ses atrocités auraient
permis le développement et la modernisation de ces pays est
une insulte au regard de la réalité de ce qui s'est achevé
dans le sang et les drames", a déclaré jeudi le comité
régional du PCF dans un communiqué.
Le PCF s'insurge en outre contre la création d'un musée sur la
présence française en Algérie, soutenue par M. Frêche.
"Il ne saurait être question pour nous d'accepter qu'une telle
réalisation mette en valeur sous quelle forme que ce soit le
colonialisme", ajoute le PCF, demandant qu'"un groupe
d'historiens français et algériens soit constitué pour faire
des propositions sur le contenu de ce musée".
La LCR, qualifiant les propos de Frêche de "grand dérapage", a
appelé de son côté dans un communiqué à l'"abandon" de ce projet
A propos de ce Monsieur, un p'tit article de Libé du 6 Octobre 2oo5 est rigolo ...
( Extrait ) :
Georges Frêche a reculé. Après avoir tenté de rebaptiser de force sa région en Septimanie (nom donné par quelques érudits à 70 % de ce territoire wisigothique entre le VIe et le Xe siècle), le président (PS) du Languedoc-Roussillon a jeté l'éponge. «On ne peut pas avoir raison contre tout le monde», a fini par admettre Georges Frêche, en annonçant la suppression du terme de Septimanie de tous les lieux d'intervention du conseil régional : lycées, trains régionaux, panneaux urbains, brochures touristiques, etc. Par contre, la marque «Septimanie, la griffe du soleil», imposée il y a six mois aux exportateurs de produits locaux, demeure ce qui ne manque pas de faire ricaner tout le monde.
L'ancien maire de Montpellier (Hérault) a eu peur. Depuis plusieurs semaines, les forces de droite se mobilisaient contre sa Septimanie, sentant que cette nouvelle appellation irritait en profondeur une bonne partie de la population irritation relayée, voire amplifiée, par le quotidien Midi Libre. Une manifestation est prévue ce samedi à Perpignan (Pyrénées-Orientales), à laquelle avaient fini par se joindre, outre les divers mouvements catalans, toutes les composantes du Collectif du non de gauche au référendum du 29 mai (Verts, PCF, LCR...), très actif.
Malgré la reculade de Georges Frêche, la manifestation est maintenue, et va servir d'exutoire au ras-le-bol suscité par les méthodes de gestion autocratiques de celui surnommé «Georges 1er de Septimanie». Succédant à deux autres échecs importants (une nouvelle biennale d'art contemporain chinois qui s'est révélée un flop, et une fusion entre les agglomérations de Montpellier et de Sète, refusée pour l'instant par le préfet), Georges Frêche doit affronter une exaspération qui a largement dépassé la seule opposition de droite.
«Georges Frêche exerce un pouvoir solitaire et absolu, dénonce Silvain Pastor, conseiller régional (Vert) élu en 2004 sur la liste Union toute ! menée par le président du Conseil régional. Il supprime arbitrairement des subventions culturelles, il méprise les enseignants et les parents d'élèves, il renie sa parole en matière environnementale... Certains socialistes commencent à renâcler en privé, mais dès que leur chef tape du poing sur la table, ils se couchent.»
Trouver une voix socialiste suffisamment courageuse ou inconsciente qui oserait s'élever contre le «petit père du peuple» languedocien est impensable. «Il y a quelques années, Georges Frêche avait affirmé que la fédération socialiste de l'Hérault représentait la dernière structure léniniste du parti, ce qui n'est pas faux», s'amuse un conseiller général socialiste.
Néanmoins, en privé, certains se permettent quelques coups de gueule. La semaine dernière, un conseiller régional socialiste a quitté une réunion en claquant la porte. Toutefois, personne ne se risque publiquement à critiquer le leader régional. «Nous vivons dans une ambiance de paranoïa, tout mot de travers peut valoir la décapitation immédiate», dénonce un élu socialiste
.... No comment ...
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