Les " INTERETS " d'une guerre ...
REUTERS : Vendredi 18 août 2006 - 07:38 par Sue Pleming
WASHINGTON (Reuters) - Les Etats-Unis, soucieux de contrer les efforts de reconstruction du Sud-Liban promis par le Hezbollah, tentent d'accélérer leur propre assistance et d'encourager les pays arabes à intervenir rapidement dans ce domaine.
Selon l'expression utilisée par un haut responsable du département d'Etat, la Maison blanche "bat le rappel" avec la plus grande énergie dans le sens de la reconstruction du sud du pays du Cèdre dévasté par un mois de guerre.
Le but de l'opération, a ajouté ce responsable, est d'empêcher la milice chiite soutenue par l'Iran de prendre la tête des efforts de reconstruction et de rallier de nouveaux soutiens auprès de la population locale.
"Ces gars (du Hezbollah) ont sorti leurs propres bulldozers et que faisons-nous ? Cela prend une éternité pour lancer nos projets de reconstruction", s'est lamenté ce haut fonctionnaire, sous le sceau de l'anonymat compte-tenu du caractère délicat du sujet.
Tout au long de la guerre entre Israël et le Hezbollah qui vient de s'achever, l'administration Bush a été vivement critiquée par les pays arabes et certains gouvernements européens. Washington s'est vu reprocher de refuser de soutenir les appels à un cessez-le-feu immédiat, donnant ainsi l'impression de cautionner les bombardements intensifs du Liban par l'Etat juif.
Les Etats-Unis ont promis de verser jusqu'ici 50 millions de dollars au titre de l'aide humanitaire pour le Liban, dont la moitié via des ONG opérant dans les zones en guerre.
Toutefois, un haut responsable américain a déclaré qu'on ne savait toujours pas avec précision le montant de la contribution des Etats-Unis dans le domaine de la reconstruction du pays.
LES PROMESSES DE NASRALLAH
Une conférence de pays et organismes donateurs d'aide humanitaire se tiendra le 31 août à Stockholm. Une autre pourrait être ensuite consacrée aux moyens de réparer les dégâts infligés aux infrastructures très atteintes du Liban.
Les ponts, les routes et les centrales électriques ont beaucoup souffert des bombes israéliennes.
Les efforts américains de reconstruction à grande échelle du Liban risquent de prendre plusieurs mois, comme cela s'est passé en Irak avec les déboires que l'on sait.
Les responsables américains redoutent que le Hezbollah et son "parrain" iranien ne tirent parti des lenteurs de la bureaucratie américaine en matière d'aide en intervenant les premiers sur le terrain.
"Nous livrons du matériel depuis le début du conflit mais il faut que nous acheminions une aide beaucoup plus importante sur le terrain", a estimé le responsable du département d'Etat.
Le chef du Hezbollah, le cheikh Hassan Nasrallah, a d'ores et déjà promis que le Parti de Dieu participerait à la réparation de quelque 15.000 logements endommagés par les bombardements israéliens au Liban.
Le porte-parole de la Maison blanche, Tom Snow, a dénoncé cette tactique visant d'une part à "commettre des actes terroristes" tout en se posant comme une organisation caritative venant au secours des victimes "avec des miettes et de l'argent".
Washington pousse aussi des pays arabes comme l'opulente Arabie saoudite, rivale de l'Iran dans le monde musulman, à fournir une aide rapide et visible au Sud-Liban.
Ryad a d'ores et déjà promis un demi-milliard de dollars au titre de l'aide humanitaire et un autre milliard de dollars pour la reconstruction du pays du Cèdre.