Bonne lecture ...

Publié le par E.L, etc ...

 

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L’espace informationnel répond à un fantasme de fusion totale avec l’environnement, de perte de soi dans une identité communautaire virtuelle - fantasme de continuum édénique symptomatique de toute une gamme de pulsions oedipiennes, projections dans un idéal retour à la mère qui s’expriment dans un large éventail des tendances et des pratiques actuelles.

Ulysse en son long et beau voyage retournait sans se presser vers la sage, fidèle et courageuse Pénélope.

-  Quelle sorte de voyage ferons-nous, nous qui avons renoncé à étudier le grec ?

-  C’est-à-dire nous qui abandonnons la mémoire de notre civilisation pour nous laisser phagocyter par le modèle dominant, anglo-saxon, hégémonique et bientôt unique ?

-  Vers quel genre de représentation féminine voulons-nous aller ? Fatale ? Féconde ?
Puissions-nous nous révéler aussi fins et rusés que le héros d’Homère, et nous sortir avec autant d’intelligence des écueils d’une telle aventure !

Dans la perspective d’une nouvelle odyssée essentiellement tournée vers une image du monde englobante, maternelle, une utopie de bien-être fusionnel et d’innocence retrouvée grâce à l’inutilité ou à la perfection des corps, le fantasme d’une idéalité réalisée dans la virtualité, les images féminines de vierges et de mères devraient avoir de l’avenir...

Au terme de ce XXème siècle où l’extermination, l’anéantissement de l’homme par l’homme ont fait rage à une échelle industrielle, au terme de ce siècle tailladé de passions nihilistes, l’homme s’en va, plus aveugle que lucide, plus croyant que conscient, chercher l’oubli et la jouissance, sinon le salut, dans le sein virtuel de l’espace informationnel, espace unifié, dématérialisé, donc libéré du péché, où la promiscuité généralisée n’entraîne pas la souillure des corps.

Et c’est dans cet univers naturant (imitant la nature par le développement d’une vie parallèle, régie par ses propres lois), ahumain (au sens où l’homme renonce à en acquérir la maîtrise pour se contenter d’y prendre les plaisirs du surf), que l’on espère retrouver le bonheur bercé du fœtus immergé dans un vaste champ magique, ahistorique.
Pendant ce temps, hors-champ, les prétendants s’empiffrent, intriguent, et s’apprêtent à prendre le contrôle du royaume abandonné...

Aristote écrivait : « Le fond de l’Odyssée est peu de chose : un homme est absent de chez lui depuis plusieurs années... »

Prenons garde à ne pas rester prisonniers du monde merveilleux des images, à ne pas nous absenter trop longtemps du réel.

 

 

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