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Publié le par des Electrons Libres

 

AUX REDACTRICES ET REDACTEURS DE L'APPEL DE ROUEN N°1

 Il n'a pas été nécessaire de trainer longtemps en tergiversations inutiles pour trouver dans votre "appel" des "choses" qui nous convenaient bien. De même il nous était loisible d'imaginer sans peine quelles pourraient être les réactions à cet Appel. Toutes furent vives et "stratégiquement contradictoires". Le reste se situa alors au delà de nos prévisions. Tout d'abord il y eut des "zozo" qui anonymement signalèrent que cet appel n'avait aucune "légitimité", qu'il n'était signé( ?) que par une poignée d'individus même pas représentatifs( ?), puis que ce texte émanait en fait de SUD qui en fait n'avait fait que le reprendre et le "signer" sur internet en vue de semer le trouble(Intox) ce qui a un peu fonctionné, puis après, déferlement de haine contre les Totos, les anars, les situs, les nihilistes, les bloqueurs, avec grande profusion de thèmes confusionnistes du genre anars=fashos etc ... ( Lire la Suite ...)

Trop de copieurs sur le net, la police canadienne jette l'éponge ... ( Lire la Suite ... )

 

F3.org.uk defaced

 

ProgramFilese-jihad3e-Jihad.exe: L'attaque du 11 novembre se confirme

 

En passant : http://graphics.pollg.com/g/Netobserver/NetObs_V15FR.pdf

 

Les chercheurs " Lanceurs d ' alerte "            " Fondation Sciences Citoyennes "

A propos des Universités ;

 

Université

Une pièce maîtresse du projet néolibéral

Marc Delepouve 

Le « projet de texte portant organisation de la nouvelle université » suscite toujours de nombreuses oppositions dans le monde universitaire (voir annexes ci-après), contrairement à ce qui a pu être dit dans la plupart des médias. Aussi, ce qui nous semble être le principal enjeu de ce projet – une attaque contre la démocratie et contre la société libérale (que nous opposons au néolibéralisme économique) – est un sujet « oublié » par ces mêmes médias. Nous nous limiterons donc ici à cet enjeu.

Une mission essentielle du service public d’enseignement supérieur et de recherche est le développement et la diffusion de connaissances au service de l’épanouissement intellectuel et culturel des étudiants/citoyens dont la liberté de pensée et l’esprit critique reposent sur la rencontre et la confrontation avec des champs idéologiques divers et contradictoires. A cette fin, le service public universitaire se doit d’être protégé de toute hégémonie idéologique.

Tout le monde ne l’entend évidemment pas ainsi. Déjà le néolibéralisme a mis la main, à un niveau quasi planétaire, sur la plus grande part de l’espace médiatique. Aussi, pour assurer son développement et sa pérennité, il lui faut prendre possession de l’université. Mais certains peuples opposent une résistance. Parmi ceux-ci les français. Déjà il y déjà 20 ans ils ont mis en échec le projet de loi Devaquet, c’était en 1986. Mais la France ne doit pas faire exception ; et Nicolas Sarkozy entend la soumettre. Il ne s’agit évidemment pas d’utiliser la force des armes, ni les procès en sorcellerie. Cela sera plus subtil, insidieux, et finalement plus efficace.

La défense de l’université contre toute influence idéologique hégémonique repose sur des règles qui agissent tels deux cercles protégeant leur centre commun : la liberté académique de l’universitaire.

Le projet de loi Pécresse/Sarkozy vise d’abord à supprimer le premier de ces cercles, déjà effrité, en modifiant les relations qu’entretiennent les universités avec des acteurs qui lui sont extérieurs. Ainsi les financements privés, qui existent déjà, seront-ils facilités, encouragés. Voir l’article 26 du projet de loi « créer en leur sein (au sein des universités) une ou plusieurs fondations » en vue du « développement du mécénat », avec les exonérations fiscales afférentes.

Il s’attaquer ensuite au second cercle, en modifiant profondément les relations entre les directions des universités et les personnels, notamment les personnels d’enseignement et de recherche. C’est ainsi que le projet de loi, en son article 18, prévoit des outils de soumission, et finalement enterre – de fait - la liberté académique :

- « Le conseil d’administration définit (…) les principes généraux de répartition des obligations de services des personnels enseignants et de recherche entre les activités d’enseignement, de recherche et les autres missions qui peuvent être confiées à ces personnels. »

- « le conseil d’administration peut créer des dispositifs d’intéressement permettant d’améliorer la rémunération des personnels. »

- « Le président peut recruter, pour une durée déterminée ou indéterminée des agents contractuels pour assurer des fonctions d’enseignement et de recherche. »

Si l’absence de liberté académique d’un agent sous contrat à durée déterminée n’est pas à démontrer ; sur les autres personnels la carotte et le bâton de la répartition des tâches (appelée modulation des services dans le jargon de la profession) ou de l’intéressement auront, n’en doutons pas, leur efficacité. Même si quelques récalcitrants, dinosaures égarés dans nos temps modernes, défendrons farouchement leur indépendance.

Nous pouvons plus particulièrement nous interroger sur l’influence que pourront développer les mécènes sur des départements de lettres ou de sciences humaines. Chez les puissants, afin de préserver voire de développer leurs privilèges, est omniprésente la volonté d’influencer les valeurs, les représentations du réel et les comportements des populations. Pourquoi aujourd’hui ferait-il exception ? De bons travailleurs, de bons consommateurs et de bons citoyens, voilà ce qu’il leur faut. Et pour cela l’université est une pièce maîtresse.

Finalement les mécènes - entreprises ou individus fortunés – financeront des universités dites publiques, lesquelles – emportée par la course concurrentielle au financement - intérioriseront toujours plus les attentes et les intérêts de leurs bienfaiteurs.

Toutefois, en France et dans quelques pays tels que la Grèce, une résistance a jusqu’à ce jour empêché le basculement néolibéral de l’université. Ainsi, sous la pression de la mobilisation des étudiants et des lycéens, et moins de 24 h après le passage à tabac par des policiers - suivi du décès - de Malik Oussekine, le 6 décembre 1986 le chef du gouvernement, Jacques Chirac, annoncera le retrait du projet de loi d’Alain Devaquet.

Depuis lors le bras de fer n’a cessé. Faut-il y voir un lien avec le fait qu’aujourd’hui la dépense par étudiant à l’université devrait en France bénéficier d’une augmentation de 50 %, cela non pas pour rejoindre le niveau moyen des « grands pays », mais tout simplement pour ne plus être au dernier rang de ces pays (voir annexe 1 ci-après) ?

 

Au-delà de la résistance, c’est une autre conception du service public universitaire qu’il faut promouvoir ; plus largement il est de plus en plus pressant de mettre un terme à la spirale de la mise en concurrence et de la marchandisation qui absorbe à grand pas tous les secteurs d’activité et de vie en société. A contrario, il faut imposer de développer des démarches de coopération ambitieuses entre les universités du service public, de suite à l’échelle nationale, puis à l’échelle européenne (ce qui oblige à organiser la mobilisation à cette échelle), et enfin au niveau international avec tous les pays et toutes les universités qui en feraient le choix.

Il s’agit là d’une question de choix de société, qui dépasse et englobe celle de la défense de la démocratie. Elle appelle une mobilisation des universitaires, des étudiants et de l’ensemble des citoyens.

Le 29 juin 2007 

Annexe 1

Quelles réformes pour l’enseignement supérieur et la recherche ?

Le conseil d’administration de SLR, 26 juin 2007L’enseignement supérieur français est en crise. Du côté des étudiants, taux d’échec important en premier cycle universitaire, mécanismes d’orientation aux effets pervers reconnus, conduisant trop d’étudiants, contre leur gré, dans des filières ne correspondant pas à leurs aspirations réelles, baisse massive des effectifs dans de nombreuses disciplines scientifiques mais aussi littéraires, baisse du nombre d’étudiants en master recherche et donc du vivier de personnels formés par la recherche pour les entreprises et la recherche publique... Côté conditions de travail, les enseignants-chercheurs sont accaparés par un volume d’enseignement et d’administration nettement supérieur à celui des autres pays, ce qui les handicape fortement pour la recherche. Sans parler naturellement de l’état des locaux universitaires, du manque de personnel administratif, de la multiplication des emplois précaires au sein des universités. Parmi les diverses origines de cette crise on trouve des problèmes de moyens (la dépense par étudiant à l’université est de 6700 euros par an en France, contre 10 000 au moins dans les autres grands pays), mais aussi des problèmes structurels. Depuis 2004 et le début du mouvement SLR, nous avons à de nombreuses reprises évoqué ces difficultés, et proposé des réformes lors des Etats-Généraux de la Recherche.

Le nouveau gouvernement a décidé d’engager des réformes dans ce secteur. Il a décidé de faire voter cet été, lors d’une séance parlementaire extraordinaire, une loi sur l’Université. En guise de consultation, des groupes de travail ont été constitués pour trois semaines seulement, et le ministère a sorti le projet de loi avant même la fin de ces discussions. Ce simulacre de dialogue sert d’écran de fumée pour faire passer pendant la période estivale une réforme qui avait déjà été écrite, et qui, on va le voir, est très éloignée de ce qui est souhaitable (et que nous développerons plus loin). Comme toujours, plusieurs réformes sont possibles, et le choix entre elles est politique et non pas technique.

Il serait faux d’interpréter cette nouvelle loi comme une simple réponse technique, consensuelle, aux difficultés que rencontrent les universités dans leur fonctionnement quotidien : il s’agirait simplement de « moderniser leur gouvernance » et d’améliorer les conditions de vie des étudiants. Une telle vision est soit naïve, soit trompeuse : cette réforme constitue au contraire une étape cruciale d’un processus politique de longue haleine. Elle ne peut être comprise qu’en l’inscrivant dans la série des lois et décisions réglementaires qui, depuis 3 ans, dessinent un système de recherche et d’enseignement supérieur dont la cohérence est de plus en plus manifeste. L’ensemble concourt à trois objectifs qui peuvent être énoncés ainsi :

1 – Donner au ministère le contrôle direct de toute la politique scientifique en affaiblissant puis en faisant disparaître les organismes publics de recherche et leurs instances représentatives, perçus comme excessivement autonomes. Cette reprise en main doit permettre de réorienter les activités de recherche et les cursus universitaires vers les domaines considérés comme rapidement « rentables » du point de vue économique.

2 – Modifier les règles de recrutement et de rémunération des personnels, pour passer du statut de la fonction publique au contrat à durée déterminée ou non, permettant de négocier le salaire et le service de recherche et d’enseignement de gré à gré. Cette possibilité est inscrite dans la loi sur l’autonomie proposée actuellement par le gouvernement.

3 – Modifier l’équilibre de financement des universités, avec une diminution progressive du poids relatif de l’État dans ce secteur.

Pour comprendre la forme que prend cette refonte du système universitaire et de recherche - qui fait dire à François Fillon que cette réforme pourrait être la « plus importante de la législature » -, il faut analyser sa dimension "idéologique", qui se heurte à ce qui fait exception dans la production du savoir scientifique. L’organisation du monde universitaire, à travers ses différentes formes de représentation démocratique, et la règle de l’évaluation par les pairs, préserve un espace autonome où une pensée critique peut s’élaborer en dehors de toute contrainte économique, et échappe aujourd’hui en partie aux règles de la hiérarchie et de l’autorité qui prévalent dans le reste du monde du travail. Il ne s’agit pas d’un privilège, mais bien d’une nécessité liée à la nature particulière de ce secteur d’activité. Ces modalités sont aujourd’hui remises en cause : dans une économie où la connaissance devient le nerf de la guerre, il s’agit, plutôt que de favoriser la coopération et l’émulation entre les acteurs de la recherche, d’organiser une mise en concurrence généralisée, plus conforme aux lois du marché, sans comprendre que la recherche, avec ses rythmes propres, et sa nécessaire diversité, s’en trouverait affaiblie, et par suite l’économie elle-même deviendrait plus fragile.

(…)

La suite de ce document est en première page du site de l’association SLR.

Annexe 2

Un texte maintenu pour l’essentiel

SNESUP, le 28 juin

Le Président de la République et le gouvernement, s’ils ont différé de quelques jours la communication de la version quasi définitive du texte de loi, n’ont pas changé d’orientation, ni pris en compte les aspirations de la communauté universitaire.

(…)

En organisant un face à face médiatique entre le gouvernement et les seuls étudiants et la Conférence des présidents d’université (CPU), sans prendre en compte les enjeux, en particulier de recherche, qui sont au cœur du supérieur tant dans l’élaboration des connaissances que dans l’articulation de celles-ci avec les enseignements, le gouvernement trompe la communauté universitaire, les étudiants et l’opinion.

Le texte de loi, rendu public aujourd’hui, confirme les très sérieuses remises en cause des missions globales des enseignants-chercheurs, de leurs responsabilités scientifiques et de leurs statuts. Il met en péril le lien essentiel recherche-formation de l’Enseignement Supérieur. L’interpellation adressée au gouvernement par l’assemblée générale des sections du CNU hier (voir sur le site www.snesup.fr) souligne à juste titre les dangers considérables de disparition des commissions de spécialistes d’établissements qui portent les exigences et la cohérence des disciplines constitutives des champs de recherche et de formation.

(…)

Il est inacceptable de transférer les compétences de recrutement, de détermination des obligations de services et de choix scientifiques aux seuls présidents d’université et d’instaurer des possibilités de recrutements précaires hors statut à toutes les fonctions.

(…)

Quoi qu’en dise le gouvernement, le risque d’un enseignement supérieur à deux vitesses est bien réel (…) : constituer quelques établissements richement dotés et alimentés par les fondations, concentrant les laboratoires et les écoles doctorales, à côté d’établissements appauvris dont les formations ne seraient pas garanties au-delà du niveau L.

(…)
Le SNESUP ne s’inscrit pas dans une logique d’amendements du texte ni du statu quo dans les établissements d’enseignement supérieur aujourd’hui fragilisés dans leurs missions de recherche et de formation

(…)

 

Annexes 3

La nouvelle version du "projet de loi portant organisation de la nouvelle université" est disponible sur le site du ministère à:

http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/discours/2007/texteloi-270607.pdf

 

Tableau comparatif, par Daniel Sidobre,  entre la loi actuellement appliquée, la version initiale du projet de loi et la version modifiée (actuelle) de ce projet.

 

http://www.laas.fr/~daniel/lois_comparatif.xhtml

http://www.laas.fr/~daniel/lois_comparatif.pdf 

http://www.laas.fr/~daniel/lois_comparatif.odt

 

 

 

 

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